Pharmacieplus de la Tête Noire, Michel et Sophie Buchmann, pharmaciens

Le JSPh parle avec Michel Buchmann sur des idées d’avant-garde dans la pharmacie

De 1988 à 1996, vous avez fait partie du comité de la SSPh, maintenant vous démissionnez de la Commission pour la formation postgraduée et continue CFPC dont vous aviez été l’instigateur et que vous présidez depuis 1999. Que ressentez-vous en disant adieu à plusieurs niveaux de la SSPh?

Votre question me surprend et me rappelle que le temps passe aussi pour moi. En réalité, si mes cheveux commencent à grisonner, je ne vis aucune perspective de retraite. La santé, la passion et l’énergie étant toujours là, je ne dis pas adieu à la SSPh à condition évidemment qu’elle ne me dise pas adieu. J’aime trop ma profession pour ne pas m’y engager encore, surtout à l’heure des importantes évolutions à venir.

Tout au long de votre carrière à la SSPh, vous vous êtes toujours distingué par vos idées d’avant-garde et comme porte-parole d’innovations en matière de politique professionnelle. Quel est votre bilan personnel si vous comparez ce que vous exigiez et ce qui a été réalisé en pratique?

Tout change actuellement car nous sommes en train de quitter la société industrielle pour rejoindre la nouvelle société de réseau. L’histoire du début du 20ième siècle nous rappelle les remous provoqués par la fin de la société agricole, vers 1900. Ne nous étonnons donc pas de devoir gérer actuellement d’importantes mutations et conflits d’intérêts. Mais dans de telles circonstances, il faut voir loin, avoir des visions pour mettre en place des stratégies et savoir prendre des risques calculés pour la majorité de nos confrères. Imaginer les emporter tous dans un vent de réformes unanimement acceptées serait utopique. Osez penser être compris par tous et tout de suite pourrait être considéré comme prétentieux. Il s’agit donc d’être cohérent avec ses propres convictions et de démontrer dans le temps la justesse des décisions prises. Dans cette perspective, les pharmaciens suisses ont fait des pas très importants vers le succès qu’ils méritent par leur engagement professionnel au service de la santé publique. Mais il faut continuer l’effort pour élargir l’adhésion et l’engagement professionnel de tous vers le développement de services toujours plus performants, reconnus et rétribués.

Quelle a été sur cette voie de l’innovation votre plus grande satisfaction et votre plus grande déception?

Ma plus grande satisfaction s’est réalisée dans la mise en place du travail de collaboration médecins-pharmaciens dans les cercles de qualité, mais aussi en EMS. Ce qui est remarquable à ce niveau, c’est de voir à quel point nos activités peuvent être appréciées et considérées comme valeur ajoutée, que ce soit par les médecins ou par le personnel infirmier. Ce qui est encore plus satisfaisant, c’est de constater que d’autres collègues m’ont suivi dans ce travail et révèlent dans ces milieux leurs compétences professionnelles et humaines. Tout ceci prouve que le potentiel est là et qu’il faut cesser d’avoir peur et de se sous-estimer.

Par contre, la disparition de la Spécialisation telle que mise en place dans les années 1990 fut pour moi une cruelle déception quand je pense à l’enthousiasme et à l’engagement de ceux qui s’y sont investis. Après 10 années d’activités, il était certes important d’y introduire des réformes, mais était-ce nécessaire de tout balayer? Il me reste à souhaiter chance et courage à ceux qui reprendront le flambeau!

Avez-vous toujours été convaincu que vos visions des changements dans la profession étaient les bonnes? N’avez-vous pas été en proie au doute lorsque vous lanciez une nouvelle initiative pour des prestations innovantes?

Les doutes font partie de la vie mais ne doivent pas nous paralyser. Ils nous poussent seulement à approfondir nos analyses dans le cadre de discussions contradictoires et de fréquentations de réunions professionnelles à l’étranger. Il ne faut pas en effet imaginer que seule la Suisse vit de profondes mutations. C’est l’ensemble du monde professionnel qui bouge. Ouvrir les yeux sur les réflexions et les expériences des autres vous enlève tous les doutes sur la vision qui doit s’imposer dans le futur, à savoir: ne plus vendre des produits mais développer des services professionnels autour des médicaments et sans cesse les améliorer par un effort de formation permanent.

Avez-vous eu avec la SSPh une organisation professionnelle prête à mettre en oeuvre des innovations?

Sans elle, rien n’eût été possible! J’ai trouvé dans cette société les amitiés, les forces, les compétences et les énergies nécessaires à la réalisation de nos objectifs communs. Il faut savoir que seuls nous ne pouvons pas avancer. Toutes les réformes mises en place ont apporté leur lot d’expériences nouvelles et j’affirme aujourd’hui qu’être membre du Comité de la SSPh représente une chance unique dans une vie professionnelle. Du travail certes, mais qui m’a personnellement donné tellement de force et d’assurance! J’encourage mes jeunes confrères intéressés à ne pas avoir peur, à prendre contact avec leurs associations professionnelles et à s’engager au service de leur profession. Nous avons besoins d’eux!

Votre contribution à la réussite de la réforme des études a été déterminante. Après les premières années d’expérience, restez-vous convaincu que les études de pharmacie sont désormais propres à assurer au mieux l’avenir des pharmaciens, et si oui, pour quelles raisons?

Les objectifs de la réforme ont été très bien décrits dans les documents officiels. Il s’agira à l’avenir de préparer les étudiants à l’ensemble de leurs missions professionnelles dépendant à la fois des produits médicamenteux, de leur bon usage optimalisé, dans le cadre des exigences de notre système de santé. Les objectifs de formation sont aussi parfaitement décrits dans le projet de loi sur les professions médicales, dont la discussion commencera bientôt aux chambres fédérales. La structure des études de pharmacie est en train de changer, mais le contenu de ces études ne correspond toujours pas aux objectifs de formation! J’aime rappeler que si des écoles de pharmacie existent, elles ne sont pas là seulement pour former des spécialistes dans la science du médicament, ce que peuvent aussi faire des instituts de chimie, de biologie ou de chimie physique, mais aussi et surtout pour former des professionnels de la santé aptes à remplir leur mission au service de la population. Les projets de loi le rappellent clairement, mais il reste à parcourir un long chemin pour que le monde universitaire suisse le comprenne et le concrétise enfin.

Vous avez toujours porté un intérêt particulier à la formation postgraduée et continue, ce qui vous a d’ailleurs valu une reconnaissance sans restriction pour vos mérites. Dans quelle mesure êtes-vous satisfait des résultats obtenus et y a-t-il encore des insuffisances ou des lacunes qu’il faudrait éliminer ou combler? Considérez-vous que les manifestations de perfectionnement que suivent les pharmacien(ne)s pour acquérir des points FPH répondent aux exigences requises?

Tout ne peut pas s’apprendre en effet à l’université. Celle-ci doit former des autodidactes dont la première mission, en fin d’étude, est d’acquérir de la compétence, somme de connaissances, d’attitudes et de méthodes. Seule l’activité professionnelle permet d’acquérir ce niveau de compétence. Il était donc important que la profession mette en place des structures permettant d’acquérir ces compétences plus rapidement afin que le niveau de pratique professionnelle, au plan national, s’élève en terme de qualité. Vu le nombre de pharmaciens inscrits pour l’acquisition d’un titre FPH, je suis persuadé que le bon chemin est pris. Mais il reste encore beaucoup de travail à réaliser pour consolider l’acquis et développer de nouveaux programmes de formation post-graduée attractifs.

Dans le canton de Fribourg, vous avez mis sur pied avec succès des cercles de qualité avec des médecins, où non seulement la collaboration entre médecins et pharmaciens fonctionne bien, mais qui ont permis en outre aux caisses d’assurance-maladie de réaliser des économies grâce à l’optimisation de la médication. Etes-vous déçu que ces cercles de qualité ne se développent qu’avec hésitation?

Il s’agit à nouveau d’avoir des visions très claires sur l’évolution future de notre système de santé. Les politiques sont constamment à la recherche de solutions pour réduire les coûts. Devant la difficulté de cette tâche, ils sont à l’écoute des professionnels (assureurs, médecins, pharmaciens) proposant des solutions originales et efficaces pour sortir de ces difficultés. Pensez-vous que d’autres vont proposer des solutions pour nous, les pharmaciens?

Ne pensez-vous pas que certains puissent avoir même intérêt à nous exclure des solutions futures en nous faisant passer exclusivement pour des «faiseurs de surcoût» pour la santé publique? Ces réflexions furent à la base du projet de collaboration avec les médecins. Il fallait démonter qu’ensemble, travaillant dans une forme de réseau, nous pouvions avoir un impact positif sur les coûts, ce que nous avons fait. Dans ce sens, nous avons ajouté de la valeur à nos activités de pharmaciens en devenant, auprès de nos collègues médecins, des co-décideurs. Cela ne plaît évidemment pas à tout le monde, ce qui retarde le développement national de ce projet. Et pourtant, cette évolution est juste, et il s’agit dès maintenant de préparer les étudiants à ces nouvelles missions. «Le patient doit être au centre des préoccupations du pharmacien» affirme-t-on. Il faut que cette idée soit très vite partagée par nos professeurs d’université pour ne pas condamner d’avance les volées actuelles et futures d’étudiants.

Comment pensez-vous que de tels cercles de qualité pourront évoluer à l’avenir? La voie vers un système de santé performant passe-t-elle vraiment par des réseaux?

Philippe Brown, responsable des consommateurs européens, avait posé en 1996 la question brûlante suivante: «Do we need pharmacists in the next century?». Comme Président de la Section des Pharmaciens d’Officine de la FIP, je l’ai invité à débattre de la question. Après de nombreuses et très intéressantes discussions, il publia une réponse que je me fais un plaisir de vous transmettre [FIP Congress The Hague 1998]: «Le rôle des pharmaciens dans leurs officines et les services qu’ils sont capables d’y rendre dépendent de leur formation académique. De ce point de vue découle tout le reste de ma réflexion! Aujourd’hui, les pharmaciens reçoivent une formation scientifique, couvrant tous les aspects de la chimie, du développement et de l’usage des médicaments [dernier élément qui manque encore en Suisse par rapport aux pays anglo-saxons]. Ce qui n’est pas appris, c’est tout ce qui concerne le diagnostic et le traitement des maladies. Les pharmaciens ne sont pas les experts du diagnostic: ils n’apprennent en détail ni l’anatomie, ni les processus pathologiques.

Il est illusoire d’imaginer le futur des pharmaciens en terme de prestataires de soins primaires autrement qu’à un niveau fort primitif. S’il voulait jouer ce rôle, alors la formation de base devrait radicalement changer.

Ce que les pharmaciens connaissent et comprennent, ce sont les médicaments. C’est dans ce domaine qu’ils demeurent utiles. Par conséquent, dans le futur, ils doivent s’engager de plus en plus dans la sélection de produits spécifiques, en collaboration avec les prescripteurs, et jusque dans l’usage sûr et efficace des mêmes médicaments par les patients. Il y a tant de choses à faire dans ces domaines: la prescription est encore largement irrationnelle et les patients désemparés face à leur traitement.

Ce dont la société a besoin aujourd’hui et demain, c’est de pharmaciens qui concentrent leurs énergies et leurs aptitudes à résoudre ces problèmes et à fournir ainsi une contribution majeure à la santé publique.»

Le message est clair et correspond à tout ce que j’ai développé dans mon environnement professionnel. Il est évident que tout cela conduit vers de la médecine en réseaux dans lesquels les pharmaciens ont leur place et leur mission. Encore faut-il qu’ils soient formés pour cela et qu’ils le veuillent… Mais le processus est inéluctable.

Vous avez demandé que des pharmacien(ne)s soient engagés dans les résidences médicalisées et les maisons de retraite. Cette recherche de nouveaux créneaux pour l’emploi des pharmaciens reflète-t-elle votre scepticisme quant à l’évolution de la pharmacie d’officine?

Oh non! Les résidences médicalisées représentaient simplement une opportunité fantastique pour développer la vision précédente. Au travers de ces établissements, il était possible de se rapprocher des médecins, des infirmières et directeurs d’établissement pour démontrer la plus-value qu’apportent les pharmaciens en matière de choix et d’usage optimal des médicaments. L’acquisition des expériences de collaboration médecins-pharmaciens, ainsi que les excellents résultats économiques obtenus nous permettent même maintenant d’envisager l’exportation du modèle EMS en pratique ambulatoire. Pourquoi en effet ne pas considérer un patient-client comme un malade dans un EMS et suivre ses traitements avec les mêmes objectifs d’optimalisation? S’ajouteront alors les évaluations de leur adhésion aux traitements (compliance) ainsi qu’un travail en profondeur pour vérifier, en cas de problème, la compréhension de leur maladie et de leur traitement (disease management), en collaboration avec les médecins. Nous sommes bien dans de la médecine en réseaux, exigeant la présence indispensable des pharmaciens!

La direction de la SSPh considère que le plus grave danger pour la pharmacie d’officine consiste dans le développement anarchique de la dispensation des médicaments par les médecins, qui connaît un nouvel essor avec les pharmacies de vente par correspondance des médecins. Partagez-vous ces craintes, comprenez-vous l’inquiétude pour leur avenir de certains pharmaciens de Suisse alémanique et pensez-vous que la dispensation des médicaments par les médecins épargnera la Suisse romande?

Tout ce que je viens de vous dire est effectivement incompatible avec la vente directe des médicaments par les médecins. Cette compétition économique farouche, qu’à l’époque Mme la Conseillère Fédérale Ruth Dreifuss n’a pas eu peur de considérer comme de la corruption en raison des avantages qu’en tirent les médecins qui la pratiquent, est une entrave grave au développement professionnel de mes confrères alémaniques. J’ose espérer que la Romandie servira de laboratoire pour toute la Suisse et que la réelle volonté des médecins de notre région ne sera pas corrompue par ces pratiques commerciales arrogantes venant de Suisse Alémanique. La plus grande attention est requise de la part de tous les responsables romands face à ces tentatives. Il faut se souvenir que toute la Suisse allemande, en cette matière, regarde son nombril et pense être au centre de la vérité européenne. La réalité est qu’ils sont en fait l’exception européenne!

De 1987 à 1995, vous avez été Vice-Président du comité de la section pharmacie de la Fédération internationale de pharmacie FIP, de 1995 à 1999 Président de la Section des pharmaciens d’officine de la FIP. En 2000 vous avez été élu Vice-Président de la FIP et vous siegez actuellement au bureau exécutif de cette ONG. Cette activité internationale vous a-t-elle apporté quelque chose et quel profit ont pu en retirer les pharmaciens suisses?

Vous avez, par cette question, découvert la source de mes idées et de mes convictions. J’aimerais dire à mes confrères que la FIP et ses congrès sont une organisation et des évènements qui nous mettent en contact avec tout ce qui se passe dans le monde en matière de sciences, de pratique et de développement professionnel. Il faut évidemment y parler l’anglais pour rencontrer tous les responsables de notre profession dans les domaines industriels, hospitaliers, académiques ou de la pratique ambulatoire. Vous voyez ce qui se passe en Europe du Nord, comme en Afrique, en Australie ou aux USA. Vous rencontrez des professeurs de pharmacie pratique qui enseignent depuis des décennies une science qui n’a pas encore trouvé sa place indispensable chez nous. Je n’y rencontre malheureusement encore que très peu d’Helvètes et ne peux que vous encourager à nous rejoindre [www.fip.org].

Depuis 1996, vous être membre PDC du Grand Conseil du canton de Fribourg. Que vous apporte cette fonction et en quoi votre activité politique sert-elle au canton?

Dans un parlement cantonal, les personnes élues proviennent de différents milieux professionnels. Les avocats y sont nombreux, mais aussi les paysans. Il est très rare, me dit-on, d’y rencontrer des pharmaciens. Ce fait est suffisant pour créer beaucoup de curiosité lorsque vous commencez vos activités de député. Je n’ai pas cessé de répondre à des questions concernant notre rôle dans la santé publique, le prix des médicaments ou le nouveau système de rémunération des pharmaciens suisses par exemple. Le Grand Conseil est une plate-forme intéressante pour percevoir l’appréciation qu’ont les politiques de notre profession… et aussi pour corriger beaucoup d’erreurs d’appréciation. Mais dans un Grand Conseil, nous légiférons surtout et participons donc à la discussion politique. Avec passion, je me suis engagé dans cette activité avec un certain succès parfois en espérant que j’ai pu et peux encore rendre service à mon canton. A mes électeurs d’en juger.

Les pharmacien(ne)s sont-ils suffisamment sensibilisés pour l’avenir et prêts à investir le temps nécessaire à l’engagement politique?

Non malheureusement. Beaucoup ne sentent pas l’intérêt qu’il y a à être présent là où se prennent les décisions. Beaucoup aussi craignent les difficultés liées à la fonction. Pourtant, les pharmaciens ne sont pas moins bons que les paysans pour débattre et s’exprimer! Mais il est vrai qu’un tel engagement exige une préparation. Avoir été membre du comité de la SSPh pendant 8 années restera dans ma mémoire comme la meilleure école possible pour se préparer à ce rôle. Je prie mes jeunes confrères de bien réfléchir à ce que je viens de dire. Il ne suffit plus en effet de se plaindre des difficultés rencontrées dans la pratique professionnelle. Il faut travailler à des solutions et choisir d’être actifs dans les milieux où se préparent les conditions cadres de demain. La profession que vous avez choisie a besoin de vos talents. N’attendez donc plus et proposez vos services pour, aujourd’hui déjà, préparer votre futur!

En tête de votre page d’accueil, la volonté d’assurer l’avenir d’un système de santé que certains voudraient transformer en marché de la santé est déclarée. Quels soucis et quels espoirs recouvre cette conception philosophique?

Demain la pratique pharmaceutique prendra deux chemins partiellement incompatibles. Le chemin des affaires dans une conception de marché de la santé, et le chemin des services professionnels dans une conception de système de santé. J’ai personnellement choisi de développer les services professionnels sans négliger évidemment les aspects liés au commerce intelligent des articles d’hygiène. Car nous devons aussi vendre du plaisir aux clients qui nous font confiance afin d’éviter qu’ils ne pensent qu’au poids des difficultés de la vie. Je suis certain que nous tous devrons faire nos choix pour être correctement perçus demain. La voie du milieu est certainement une voie sans issue.

Quels voeux adressez-vous aux pharmaciens suisses?

J’ose leur dire, et me le dire à moi aussi, de ne pas craindre l’avenir et d’avoir confiance en leurs compétences. J’ose leur souhaiter de trouver énormément de plaisirs dans des pratiques professionnelles constamment renouvelées. Le succès est devant nous si nous acceptons la critique et prenons avec courage de nouveaux chemins. J’ose terminer par ce texte lu dans Prescrire en octobre 1997: «Les pharmaciens d’officine en ont fait la douloureuse expérience jusqu’à aujourd’hui. Sous couvert de gestion du tiers-payant, ils se sont en grand nombre transformés en maîtres facturiers et autres contrôleurs d’état civil. Conduits à délaisser trop souvent leur fonction essentielle: celle de membres actifs du corps de santé, insérés dans la chaîne des soins de qualité, spécialistes du médicament et acteurs de leur bon usage et de leur bon choix.»

Interview: Markus Kamber
Source: Journal Suisse de Pharmacie n° 25/2003, pp. 991 - 994


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